BiblioRemix à l’IMT Atlantique, site de Brest

L’après-midi du 22 février 2018, durant le BiblioRemix à la bibliothèque de loisirs de l’IMT Atlantique, site de Brest, trois équipes ont réfléchi à de nouvelles façons d’utiliser ce lieu.

Voici un résumé de leurs idées de projet.

Passelire

Une nouvelle communauté de lecture et de lecteurs.

Deux aspects : une application pour le virtuel et des rencontres physiques. Toutes les personnes présentes à l’école peuvent ouvrir un compte : les étudiants, le personnel, etc. Le but est de créer un réseau pour échanger, voter, critiquer autour des livres. Il y aura une entrée par les livres ou bien par les lecteurs. Pourquoi pas aussi permettre des suggestions d’acquisitions.

À l’avenir, le système pourrait être ouvert à d’autres écoles.

Passerelle pour dépasser les frontières.

Aussi un outil de communication des animations.

L’objectif est de se rencontrer, de permettre un aller-retour entre le virtuel et le réel. Cela nécessite un rôle d’animateur.

Il y a la possibilité de s’insérer dans la plateforme existante de l’école, avec un groupe « Lecteurs ».

Questions/remarques :

  • idée appréciée, le côté social est dans l’air
  • problème de données personnelles privées, la CNIL peut s’y opposer ; important de se poser la question en amont
  • le système est ouvert mais restreint au cercle de l’école
  • ce n’est plus OVS mais OVL « on va lire » !

Livres en stock

En partant du constat que l’idée de communauté est un peu vague, il faut réfléchir aussi à comment se structurer. Nous avons réfléchi sur une proposition de cadre en trois volets :

– l’incitation à la lecture

– l’aspect collaboratif

– la matérialisation par un échange de livres hors circuit

La première idée est de favoriser la lecture mais en évitant la dictature des nouveautés et de l’actualité. On choisit donc aléatoirement un livre (ou une sélection de livres) que l’on envoie à une liste d’abonné-e-s. Le but est de permettre de découvrir et de valoriser des trésors « cachés ».

Écrire des critiques est déjà possible mais il faut une incitation, par exemple avec un café offert pour chaque critique postée sur le site, voire même un wall of fame pour les plus grands critiques. Cela nécessite une organisation et une validation des critiques, ainsi que de donner les jetons pour le café. Cela pourrait prendre la forme d’un blog. On estime un temps de travail d’environ 30 minutes par semaine.

Enfin, un troc livre temporaire, on « donne » un livre mais avec la possibilité de le récupérer au bout d’un certain temps, une ou deux années. Ce troc livres dispose d’un catalogue en ligne (mise à jour quotidienne et envoi de notifications) ainsi que d’une liste des envies. Cela peut inciter d’autres participants et créer des échanges directs en pair-à-pair.

L’idée directrice est de permettre l’échange.

Questions/remarques :

  • procédure pour le prêt temporaire, comment est stocké/organisé l’information.
  • idée de partager des livres d’actualité, éviter de tous acheter le même livre en même temps.
  • problèmes légaux de la part des éditeurs, demander à un juriste ?
  • à quel point aléatoire ? pondéré ? envoyer le même titre  à tout le monde ou un différent pour chacun ? suggestion de commencer par un chapeau/urne avant d’avoir un programme. Suggestion de nom « dans nos tiroirs ».

OpenBar

La question centrale est celle des horaires. Après un crazy 8 différentes idées ont émergé.

L’action zéro est d’ouvrir plus longtemps, mais quand ? il y a des idées mais que souhaitent vraiment les usagers ? Une enquête serait lancée pour trouver le moment qui convient au plus grand nombre.

Pour la suite de l’idée, on part sur l’hypothèse que ce serait plutôt le midi.

Ouverture donc le midi, avec une pause snack / sandwich en autogestion où les usagers sont autonomes. Un premier essai servirait de test pour voir comment cela se déroule. Il est possible de mettre à l’échelle selon le succès, plus de temps, plus de matériel (distributeurs de boissons, de nourritures, mise à disposition d’un four micro-onde).

À terme, le but est d’avoir une part d’autogestion pour suppléer Isabelle. Cela permettrait à la bibliothèque d’être ouverte plus longtemps.

Le nom : OpenBar pour l’idée d’ouverture et le lien avec le snack.

Autres possibilités et remarques mais sans doute pour le plus long terme :

  • il y a la question de l’accueil, du conseil et de la permanence, ce sont trois choses différentes. La permanence pourrait être en commun avec des associations étudiantes, pour imaginer une nouvelle gestion et organisation de l’espace.
  • il y a question sur l’auto-gestion, les usagers en profitent mais sont aussi acteurs bénévoles, cela peut créer un déséquilibre par rapport aux volontaires rémunérés dans la bibliothèque scientifique. Peut-être des personnes des autres services sont-elles prêtes aussi à aider sur leur temps de travail, il faut voir s’ il y a des volontaires et obtenir l’accord des services et de la hiérarchie.
  • la composante interculturelle et multilingue passe par l’implication des étudiants pour mettre en valeur directement leur langue et leur culture, que ce soit pour des animations ou l’organisation du fonds.

 

Questions/remarques :

  • avocat du diable : nourriture et livres font-ils bon ménage ? En réponse : cette interdiction est-elle vraiment justifiée ? la cohabitation est possible si on délimite bien les espaces et les usages.
  • laisser des livres sans surveillance peut sembler dévalorisant, qu’en est-il du risque de vol ? Cela a déjà été essayé ailleurs et cela marche plutôt bien. C’est la rareté qui tend à amener le vol, l’ouverture et la disponibilité diminue cette rareté.

Conclusion

Ces idées sont des suggestions de directions qui devront être précisées et ré-appropriées avant une éventuelle mise en place.

Les présentations des trois projets se sont terminées par un long débat ; l’idée globale est de tester pour voir, de soumettre les projets à l’épreuve de la réalité et de s’adapter en conséquence.

Et après cette journée ? Plusieurs sous-groupes de travail ont été constitués pour commencer à réfléchir plus longuement et sous un aspect plus concret.

Certaines actions comme l’enquête sur les horaires peut être mise en place dès demain (en se basant sur le précédent questionnaire qui date de 2013). D’autres pourront suivre par la suite.

  • Groupe questionnaire : Isabelle, Clément, Bertrand
  • Tirage aléatoire : Yannis, Isabelle
  • Midi sandwich : Marie Do, Isabelle, Armelle
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Retour d’expérience sur la mise en place d’un BiblioRemix à Paris

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A Paris, pour le réseau des bibliothèques parisiennes, avril 2015

Reprendre le flambeau des Biblioremixeurs “canal historique”, nous inspirer de leurs méthodes et exporter la démarche pour faire vivre cette belle expérience au grand réseau des bibliothèques parisiennes était notre défi à nous, petits Biblioremixeurs de Paris.

L’idée était d’organiser un moment d’échanges et de réflexion sur le sens de notre métier entre collègues bibliothécaires qui, du fait de la taille du réseau, ont peu l’occasion de se rencontrer. Et l’autre objectif de ce Biblioremix parisien était de faire marcher l’intelligence collective en travaillant ensemble à des projets innovants et d’expérimenter des méthodes de travail créatives .

Une démarche inspirante, un projet enthousiasmant, oui, mais maintenant, comment on s’y prend ?

Step 1 : apprendre à ramper avant de marcher

D’abord, il a fallu gratter de la fiche-projet (6 versions à déclarer à ce jour), nous vêtir de nos habits de lumière et préparer nos arguments les plus percutants pour convaincre élus et hiérarchie de la cohérence de ce type de projet aujourd’hui et … ça a marché car nous avons obtenu sans difficultés leur validation et leur soutien.

Un appel a ensuite été lancé dans le réseau des bibliothèques pour recruter le “gang des organisateurs de BiblioRemix”. Résultat de cette campagne : un escadron de 18 co-organisateurs dopés à l’envie de tester des choses nouvelles, à l’énergie de la blague pourrie et au sucre sous toutes ses formes.

Dès le 4 décembre 2014, le “gang” se réunit, goûte dès sa première rencontre aux douces fragrances des post-its et des marqueurs à tableaux, et expérimente en interne des méthodes de travail créatives.

post it 1

Interlude : pendant ce temps-là, dans les groupes de travail (à J-136, zéro contrainte)…

La Comm’

“Et si on faisait des trailers vidéo en motion-capture pour présenter le truc?”

“Ou alors on ferait une fresque de 6 mètres de long avec des graffeurs?”

“Et puis aussi, des jingles, un compte twitter, un blog..?”

“La web-série produite par Arte, c’est carrément gérable”

“On la programme à quel moment la fanfare mexicaine?

La Logistique

“C’est clair que des plateaux-repas de traiteur, du champagne, une imprimante 3D, un bal trad’ et des talkies-walkies c’est le strict minimum..”

“Pas oublier la dose de post-its, de marqueurs, une machine à badges, du wifi et des milliards de Legos!”

“Quelqu’un a des nouvelles pour le budget “collation”?”

“Pour la clôture, une fanfare mexicaine!”

 Et maintenant, voilà ce qu’il reste à faire : de la communication, de la logistique, de l’organisation … les délais sont courts et il nous faut être le plus efficace possible (et surtout on voudrait pas passer pour des pleu-pleus) ; les tâches sont donc réparties par petits groupes, des outils collaboratifs sont créés (Google Drive et Trello).

Step 2 : c’est en remixant que l’on devient un super mixeur (multi-fonctions) …

Autre étape, nécessaire pour nous tous : vivre “pour de vrai” un BiblioRemix. Grâce à la disponibilité, au sens du partage et à la coolitude bretonne de nos collègues initiateurs de la démarche, Léa, Benoît et Eric de Rennes, le gang a fait son BiblioRemix le 9 janvier 2015. BiblioRemix un peu spécial car les étapes ont été analysées et expliquées en temps réel par nos parrains : en somme, un biblioremix sur un biblioremix … tellement “méta” !

Belle expérience et excellent moment pour souder le groupe des organisateurs, ce BiblioRemix nous a permis de rendre ce projet plus tangible et plus concret .

La chose étant désormais plus ou moins claire dans l’esprit du gang, la date des deux journées du BiblioRemix arrêtée, le moment était venu de recruter les participants.

Après une présentation “claquettes-fumigènes-human beat box” (bon ok, un powerpoint qui tourne tout seul…) en séminaire de chefs d’établissement, une invitation a été lancée à chacun d’accueillir dans leurs établissements des binômes d’organisateurs pour expliquer le BiblioRemix aux équipes.

Par le biais d’une tournée d’une vingtaine de dates (c’était bien cool d’être 18) et via un formulaire d’inscription en ligne, nous avons reçu un peu plus d’une cinquantaine de candidatures, ce qui est très bien tombé car notre jauge était à 55 participants maximum, et nous a ainsi évité les atroces douleurs morales du plan de licenciement.

Interlude : pendant ce temps-là, dans les groupes de travail…(J-58 : travail bien avancé, contraintes ressenties)

La comm’

“En fait pour le jingle, on a qu’à s’enregistrer maintenant et on dirait des mots en “-ix”?”

“Pour la comm’ à laisser dans les bibs, on pourrait faire des flyers?”

“Et si on essayait de tourner tout de suite nos trailers video?”

La logistique

“Quelqu’un a des nouvelles pour le budget “collation”?”

“Comment on fait pour acheter notre matériel de prototypage (= 2 boîtes de legos) ? ”

Step 3 : Les ennuis commencent

Nos deux dernières réunions ont été consacrées à l’élaboration de la feuille de route détaillée des deux journées, de la répartition des rôles de chacun et à l’invention de moult éléments disruptifs pour mettre la créativité de nos participants sur le qui-vive.

https://docs.google.com/document/d/1eBHUfgHFE1_wmTvGaZzbdYIWK7If_UYN1v2cOguRCuw/edit?usp=sharing

Interlude : pendant ce temps-là, dans les groupes de travail…(J-12 : sur la brèche, contraintes assumées)

La comm’

“On est bons sur tout : Twitter, Tumblr, Flickr, Youtube, SoundCloud, WordPress : OK!”

La logistique

“C’est bon on a tout le matos pour les enveloppes des participants, y a plus qu’à les remplir!”

“C’est bon pour les legos, ils arrivent la semaine prochaine, youpi!”

“Quelqu’un a des nouvelles pour le budget “collation”?” “Faut prévoir de tartiner des rillettes?”

Et puis, le jour J, quand on s’est levés aux aurores après avoir potassé la feuille de route, quand on a poussé les meubles dans les coins et transporté des tables et des chaises, quand on a installé le buffet, quand on s’est bien répartis les tâches une nouvelle fois, quand on a testé les post-its, la sono, les tablettes, les doudous et les cloches, quand on s’est auto-motivés, quand à 9h15, certains ont déjà bu trop de cafés … les premiers biblioremixeurs débarquent et … c’est parti !

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Au final, on a eu des nouvelles pour le budget “collation” ! Même qu’on a eu beaucoup plus que prévu, garantissant ainsi une hydratation et un taux de glycémie optimum à tous nos biblioremixeurs !